L'HISTOIRE...

Le Parti Dachnak n'a plus rien à faire - 02


Les recherches de l'académicien Mehmet Perinçek de l'Université d'Istanbul

Perinçek: «J'ai découvert un exemplaire de l'édition russe dans la Bibliothèque Lénine à Moscou, au cours de mes recherches sur l'affaire arménienne.»

Katchaznouni soumet dans son exposé une analyse critique de ce qui a été accompli dans le passé, cette analyse est en fait une confession. Katchaznouni conclue, à la fin de son rapport, que le Dachnaksoutioun devra se dissoudre et quitter l'arène politique. Ses derniers mots sont très significatifs: "Oui, je propose un suicide, le parti devrait commettre le suicide", dit-il.

Katchaznouni publie à bref délai son rapport, au cours de la même année. Le titre qu'il emploie exprime encore une fois son idée de dissolution «Dachnaksoutioun na plus rien à faire.»

Lorsqu'il publia ce rapport pour la première fois sous forme de livre, il supprime trois ou quatre pages de ces propositions concernant les questions d'organisation interne de parti. Cependant il y ajouta le texte d'une réponse qu'il avait envoyé à un membre du parti qui avait critiqué son rapport dans sa lettre.

Le livre publié en arménien fut traduit en russe quatre ans plus tard et une édition de 2000 copies fut publiée à Tiflis en 1927 dans un but d'éclaircissement et de persuasion. L'édition russe inclut une introduction en russe également.

Certaines parties du livre furent publiées en anglais en 1955 sous le titre «La Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnaksoutioun) n'a plus rien à faire» par le «service arménien» à New York.

Un groupe appartenant à une des bandes de volontaires arméniens, formées dans le voisinage de Mouch et de Bitlis, ayant pour but de servir d'avant-gardes aux armées russes sur les frontières de Bayazid et de Van. Ces bandes sont fameuses par leurs atrocités sur les populations musulmanes.

Ce qui est intéressant mais, qui paraît naturel quand le contenu de ce livre est pris en considération, est le fait que ce rapport historique écrit par, le premier ministre arménien soit banni en Arménie. Aussi le fait que tous les exemplaires de ce livre distribués dans les librairies en Europe aient été retirés, ainsi que toutes traductions en langues étrangères. Le livre est inscrit dans les catalogues mais aucun exemplaire ne se trouve sur les rayons de livres.

J'ai découvert un exemplaire de l'édition russe dans la Bibliothèque Lénine à Moscou, au cours de mes recherches sur l'affaire arménienne. Ce livre a été traduit en turc avec le plus grand soin et de façon très précise par Arif Acaloglu et je voudrais lui exprimer ici mes remerciements pour sa précieuse contribution.

1 S. Hanoian, dans Finoduction, déclare que Katchaznouni s'était s'exprimé "à coeur ouvert" dans son rapport, malgré quelques critiques concernant ses opinions sur le régime soviétique, le livre de Katchaznouni souleva de violentes critiques / Voyez Materas, «Litso Arsyaskogo Smenohovstva», Bolchevik Zakavkezya, No:3-4, 1928, p.83 vd.

Mim Kemal, dans son article dans une collection publiée par l'Université du Bosphore en 1984, donne de longues citations de l'édition abrégée de ce livre publié à New York en 1955.

Le professeur Türkkaya Ataöv publie un article d'une dizaine de pages sur Katchaznouni en anglais, en 1984.6 Cet article fut traduit en français, en allemand et en espagnol et publié avec ses traductions par les services compétents de État turc. Ataöv, dans cet article qui n'a pas été traduit en turc, déclare qu'il possède une copie dactylographiée du texte arménien du livre de Katchaznouni. Il semble que la traduction manuscrite à la quelle se réfèrent Esat Uns et Kamuran Gürün a été reproduite entre-temps en copies dactylographiées. D'autres chercheurs ont pu également se référer aux traductions turques ou anglaises du rapport de Katchaznouni avant 1984.

L'Édition turque, traduit de l'original arménien est conservé à l'institut d'Histoire Turque, mais nous ne sommes pas certains si le ministère des Affaires Étrangères en possède un exemplaire.

Il peut paraître surprenant que ce rapport de Katchaznouni n'ait pas reçu, jusqu'ici, suffisamment d'attention en Turquie. Cela cependant peut être considéré comme normal, parce que les chercheurs turcs n'ont pas pu établir leurs thèses sur une base solide; ils n'ont pas adopté une attitude solide quant a la lutte anti-impérialiste et la légitimité de la guerre turque de l'indépendance; et aussi parce que ni les cercles académiques ni le ministère turc des Affaires Étrangères n'ont compris l'importance du rapport et par conséquent, on n'y a pas accordé l'intérêt nécessaire. Le rapport Katchaznouni n'a pas été publié en turc avant l'édition «Kaynak Yayinlari» et en fait est resté enfermé dans un coin des archives.

5 Mim Kemal Oke, «Les réponses des Arméniens turcs à la question arménienne, Université de Bogaziçi, "Arméniens dans l'Empire Ottoman et la Turquie Ottomane (1912-1926)» Istanbul 1984, p.79-

6 Prof. Or. Türkkaya Ataöv,«Une source arménienne Hovhannes Katchaznouni, Deuxième impression», Ankara, Mars 1985.

À suivre

Mai 2015