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Fabuleuse
Turquie: un voyage extraordinaire!
LOUISE
LAURIN
L'automne
dernier, un groupe de 17 québécois partaient à la découverte de
la Turquie, voyage initié par Louise Laurin et préparé en collaboration
avec le grossiste Turquie VIP. Elle a accompagné le groupe et pour
l'Est du pays, Gülizar Ersoy, de l'agence s'est jointe à nous.
Par
un circuit culturel unique de 25 jours, nous partons découvrir ce
pays qui surprend par la beauté de ses paysages: les rives de la
mer Egée, de la mer Noire et de la Méditerranée nous offrent les
dentelles de leur rivage en contraste avec le grandiose plateau
anatolien. Nous partons découvrir ce pays où légende et histoire
se donnent la main, où notre civilisation occidentale peut découvrir
une part de ses racines, où se trouvent les trésors hittites, gréco-romains,
où les églises byzantines côtoient les palais, les mosquées, où
l'on s'émerveillent des sites insolites et des splendeurs d'Istanbul.
Je
vous invite à nous suivre, dans ce résumé de voyage, centré surtout
sur l'aspect historique, en espérant que, comme nous, vous aurez
le goût de connaître ou d'élargir votre connaissance de la Turquie,
en regrettant un séjour trop court qui nous aurait permis de vivre
davantage dans ce creuset culturel unique.
1er jour
C'est
le grand départ par Air France, escale à Paris; et poursuite Paris-Istanbul.
"La
civilisation n'est que culture" Mustafa Kemal, 1930. Cette
réflexion durant le trajet nous permet de rêver et de parcourir
nos livres d'Histoire. Berceau de nombreuses civilisations dont
Hattie, Hittite, Phrygienne, Hourrite, Urartéenne, Lycienne, Ionienne,
Lydienne, Commagène, Grecque, Romaine. Byzantine, Seldjoukide, Ottomane,
la Turquie mérite d'être appelée "le plus grand musée du monde".
2e
jour: Istanbul
Après
les formalités à l'aéroport, nous nous installons à l'Hôtel Azyade"
du nom d'un roman de Pierre Loti, écrivain français, de la fin du
19e siècle, amoureux de l'Orient.
Quoi
de mieux pour un premier aperçu qu'une croisière sur le Bosphore?
C'est la meilleure façon d'embrasser la ville et de saisir tout
ce que ce site a d'extraordinaire. Voie navigable internationale,
elle nous permet dans cette balade de découvrir les còtés européen
et asiatique, les remparts, les sept collines chacune coiffée d'une
grande mosquée, les palais, les élégants "yali" et le
coucher de soleil qui nous plonge dans les mille et une nuits...
Quel spectacle fascinant!
3e
jour: Byzance, Constantinople, Istanbul
Aucune
ville au monde n'a connu tant de gloire sous trois noms différents.
Trois civilisations, trois empires, trois grandes religions.
Aujourd'hui,
elle se divise en trois entités distinctes: la vieille ville (Sultanahmet),
la ville européenne (Galata et Beyoglu), la ville asiatique (Üsküdar).
C'est une des plus belle villes du monde, trésor historique pour
la Turquie, source de culture qui embellit notre planète.
Le
soleil est de la partie et nous accompagnera tout au long de notre
voyage.
Suivons
le guide... Un premier arrêt: l'hippodrome romain, construit par
Septime Sévère, en 203, puis agrandi par Constantin nous rappelle
que c'est là que fut proclamée la Nouvelle Rome. Pillée par les
Croisés, plus tard les Ottomans utilisèrent les pierres pour leurs
constructions. A voir et admirer: la colonne serpentine qui provient
du temple d'Apollon à Delphes et l'obélisque de Théodose qui vient
d'Egypte.
La
basilique Sainte-Sophie (Aya Sofya Camii), dômes et murs pourpres
de Byzance. Même si elle a perdu une grande part des ors qui illuminaient
ses murs, comment ne pas être conquis par la majesté de Sainte-Sophie?
Surtout si l'on sait que la prouesse architecturale de cette basilique
est restée inégalée pendant mille ans! Erigée pour la gloire de
la chrétienté, elle devint pour les Ottomans le symbole de l'islam
tr-iomphant, servant de modèle aux plus grands bâtisseurs de l'Empire.
La
Mosquée bleue (Sultan Ahmet Camii): au premier regard, nous restons
estomaqués par l'architecture impressionnante du monument flanqué
de six minarets. La grâce de ses lignes et sa luminosité intérieure
nous impressionnent. Dès qu'on entre à l'intérieur, on est frappé
par la clarté et l'immense espace de la salle de prière au sol couvert
d'une multitude de tapis. Pas moins de 260 fenêtres éclairent les
faïences bleues d'Iznik qui couvrent tous les murs. Quelle beauté!
Nos
pas nous conduisent au palais englouti (Yerebatan Sarayi), extraordinaire
citerne byzantine, véritable forêt de 336 colonnes se reflétant
dans l'eau, tel un palais englouti. Construite sous Justinien au
6e siècle, c'est la plus grande citerne souterraine d'Istanbul,
dont les Ottomans se servirent encore pour alimenter Topkapi en
eau.
Deux
jours à Istanbul et il faut déjà partir, mais nous y reviendrons.
Le paysage nous surprend et nous fascine
4e jour: Vers la région de la mer Noire
Visite
de Trabzon et de Sumela
La
mer Noire, c'est la région la plus belle et la plus verte de Turquie,
peu exploitée par le tourisme. Nous avons la chance de visiter la
plus grande ville de l'Est de la mer Noire: Trabzon. Partis d'Istanbul
en avion, nous atterrissons à Trébizonde, la byzantine. Fondée au
7e siècle av.J.-C. par des colons grecs, elle devint rapidement
un grand port commercial. Etablie au point de départ de la route
de la soie, la ville prospéra pendant toute l'Antiquité, mais c'est
avec les Byzantins qu'elle connut ses heures de gloire.
L'église
Sainte-Sophie (Aya Sofia) fut restaurée au XIIIe siècle, elle servit
de mosquée et est devenue un musée. Ses fresques splendides et émouvantes
décorent tous les murs intérieurs.
L'après-midi
sera consacré à la visite du Monastère de Sumela dans le parc national
d'Altyndere à 45 kilomètres au sud de Trabzon. Nous traversons un
spectaculaire décor de montagnes sauvages, de boisés de sapin entrecoupés
de profondes vallées ou de gorges étroites, de chutes. Le monastère
de Sumela du XIVe siècle est perché sur une falaise de 270 mètres
au-dessus d'une gorge profonde. Un mini-bus nous conduit à mi-chemin
et c'est à pied dans un esprit plus que sportif que nous entreprenons
la dernière partie dans un sentier escarpé. L'église parmi les ruines
est couverte tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de fresques prodigieuses.
Il faut voir les cinq étages de ce monument plaqué sur le rocher
à une hauteur vertigineuse. Comment ne pas oublier un tel site et
pareille aventure!
5e
jour: Direction: l'Est de l'Anatolie
Le
paysage nous surprend et nous fascine: La chaîne du Taurus qui longe
la frontière sud de la Turquie d'une part et les montagnes de la
mer Noire au nord d'autre part se rejoignent pour former les hauts
massifs de l'Est du pays; du plateau rouge et ocre d'Erzurum aux
forêts, chutes d'eau et verts plateaux de Kars et d'Agri, des neiges
éternelles du mont Ararat aux eaux bleues et profondes de l'immense
lac de Van, c'est à couper le souffle. On pourrait en parler encore
longuement.
L'histoire
de cette contrée longue et mouvementée, a légué les monuments des
civilisations qui s'y succédèrent, les églises et les monastères
byzantins, les mausolées et les caravansérails seldjoukides, les
élégantes mosquées et citadelles ottomanes. Cette région est réellement
étonnante.
Sous
un soleil radieux, nous arrivons à Erzurum, capitale de l'Est anatolien.
Elle abrite un grand nombre de monuments historiques qui font d'elle
un musée en plein air. Citons le médrésé Yakutiye, construit au
XIVe siècle dont le portail présente un délicat ouvrage de sculpture
sur pierre (époque seldjoukide), le médrésé Çifte Minare, nous admirons
les deux minarets ronds incrustés de mosaïques bleues. Le tour de
ville nous permet de voir également un türbe très ancien en pierres
deux couleurs, brique et chocolat attribué à l'émir Saltuk et encore...
Prochain
arrêt Kars, Nous entreprenons la montée ardue de la colline menant
à l'imposante forteresse seldjoukide du XIIe siècle. Kars a joué
un rôle important dans l'histoire de la Turquie, en particulier
pendant la guerre russo-turque.
( à
suivre )
JUIN
2003
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