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La
Maison Blanche commande des films dans la perspective de la
mobilisation psychologique du pays...
(2)
par
Damla Önol
La
Guerre Froide fut une forte source d'inspiration pour les
cinéastes, qui, pour la plupart, avaient un lien avec le gouvernement
aux États-Unis. Le conflit des blocs politiques commença bien
avant le début de la Guerre Froide, durant la présidence de
Franklin D. Roosevelt, de 1933 à 1945. Ce dernier invita les
grands producteurs de film, en 1942 à la Maison Blanche: "pour
leur passer commande de dizaines de films dans la perspective
de la mobilisation psychologique du pays, le ministère de
la Guerre installe un bureau de liaison à Hollywood.1".
L'auteur, Valentin, prend exemple d'un film parut en 1956,
L'invasion des Profanateurs. Ce film métaphorique est tourné
dans une petite ville aux États-Unis, où le calme et la vie
paisible règne, jusqu'au moment où la perturbation soudaine
survient par : "des attaques massives par d'étranges
créatures sans individualité2". Cette référence métaphorique
aux communistes est bien péjorative, créant dans la pensée
commune, nationaliste, un sentiment qui rejette toute idée
étrangère. Le sentiment nationaliste se renforce d'avantage
et beaucoup plus facilement grâce au cinéma, en effet, celui-ci
est une activité regroupant une majorité de la population.
Il est constitué de l'union des sens visuel et auditive en
mouvement continu permettant à tout individu de suivre les
idées présentées. L'intériorisation des concepts, des propagandes
et du patriotisme peut donc se faire grâce aux films diffusés
au grand écran. Pour focaliser sur le thème de la défense
et la sécurité nationale, tout en ajoutant un brin de patriotisme,
le cinéma étatsunien s'allie avec l'Army, l'Air Force et le
Navy, pour maîtriser les notions techniques en situation de
guerre. Ces regroupements permettent de : "fournir des
matériels, des conseillers, des uniformes, des entraînements,
des plateformes de combats (aussi bien des régiments de chars
que des escadrilles d'avions ou des porte-avions)3".
Plus le projet cinématographique traite un thème pouvant inciter
les étatsuniens à embarquer dans la guerre, pour cause identitaire
pour prouver au monde leur force technologique et stratégique,
et surtout pour montrer la faiblesse du communisme, les budgets
et l'aide financière deviennent importants.
La peur
que provoque le Sénateur Joseph McCarthy est une source de
paranoïa chez les réalisateurs étatsuniens. En effet, le sénateur
utilise la puissance médiatique nationale, en fusion avec
la politique républicaine, pour tenter de soumettre sa fameuse
liste de noms de personnes dans l'armée, le FBI, le gouvernement
ainsi que des réalisateurs et producteurs dans le monde du
cinéma hollywoodien susceptible d'être communistes, ou de
partager des idées gauchistes : "J'ai ici, dans ma main
(et il brandissait une feuille de papier), une liste de 205
noms, communiquée au secrétaire d'État, de membres du parti
communiste qui malgré tout travaillent encore au département
d'État et qui façonnent sa politique4". Le contenu de
ces listes n'est jamais fait face directement aux médias,
créant dans la population une méfiance continuelle face à
autrui, d'où resurgit le concept de chasse aux sorcières.
Durant cette période, devenir communiste était comparable
à attraper une mauvaise grippe, comme une épidémie où tout
le monde pourrait être menacé : "il suffit de ne pas
approuver tous les aspects de la politique intérieure ou extérieure
des États-Unis pour n'être plus pleinement américain5".
Suite à plusieurs tentatives de divulguer les noms des listes,
les médias ont, après quelques années, cessés les diffusions
concernant le Sénateur McCarthy. Des enquêtes ont été enclenchées
pour démontrer la validité ou non des noms de cette liste
et pour voir comment McCarthy s'y est prit pour trouver ces
noms. Le sénateur a toujours trouvé le moyen de confondre
les pistes et de revenir à la une des journaux. À partir de
mars jusqu'en juin 1954, McCarthy s'est confronté à l'armée
étatsunienne, tentant de prouver que certains membre de l'armée
ont un lien gauchiste pouvant appartenir au parti communiste,
mais cette tentative l'enfonça au plus profond du trou qu'il
avait lui-même creusé: "l'impression négative qu'a laissée
dans l'esprit la retransmission des auditions armée-McCarthy
(diffusée intégralement à la chaîne de télévision ABC) est
telle qu'une bonne partie de la presse qui avait été la plus
favorable à McCarthy se retourne contre lui6".
A
SUIVRE
Octobre
2011
1- Le cinéma et la société... ... et désigner
l'opinion publique par...
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