Ayþegül KARSLI
C'est la vie... à Montréal...

 

Oubliez les tambours
classiques, essayez le tamböa!

J'ai une obsession récurrente depuis un moment. Une idée envahissante, un rêve tenace. Il faut que je joue à un instrument. Un instrument, mais lequel? Le piano; je l'ai essayé quand j'étais plus jeune et c'était loin d'être un succès. Le saxophone, il faut avoir un souffle assez puissant. La guitare électrique? C'est trop bruyant pour moi. Quoi alors? Les cymbales, le gong, le triangle, le vibraphone? Il faut que ça soit facile à apprendre, pratique pour l'amener partout avec moi et économique. C'est compliqué…

Je l'ai entendu pour la première fois lorsque j'étais à la station de métro Sherbrooke. Dans le couloir menant à la porte, je suis tombée sur un jeune musicien assis par terre avec une petite boîte en bois devant lui et des baguettes dans la main. Il avait un tamböa, un instrument qui m'a tellement inspiré que j'ai décidé d'en faire le sujet de mon tout premier article.

Il s'agit d'un petit instrument inventé ici au Québec dans la région de Montérégie. Il s'inspire de la famille des tambours à fentes africains, océaniques et sud-américains. C'est un tambour à langues, on pourrait dire. Outre le fait que ça peut se jouer avec les mains, comme la plupart des tambours classiques, il se joue aussi à l'aide des bâtonnets ornés de boules en caoutchouc, qu'on appelle aussi des " mailloches ". C'est une petite boîte magique qui fait une musique si simple mais si pénétrante, si belle. Tout dépend de votre imagination, de votre créativité. Il est même possible de faire des glissando avec.

Ces boîtes à sons faites de cerisier ou de noyer sortent de l'Atelier Petite Californie du luthier Gilles Perrault. Un vieux garage dans la municipalité de Saint-Stanislas de Kostka qu'il a transformé en atelier dans les années 2004 le permet aujourd'hui de vendre ses instruments à travers le monde.

En plus, le choix de bois pour la fabrication de ses tamböas reflète son souci écologique. Les arbres menacés comme l'acajou ou le gaïac n'entrent pas dans son atelier.

Le rythme à la fois tribal et mystique du tamböa mérite d'être découvert. L'expérience musicale offerte par cette boîte à sons est non seulement un excellent outil d'apprentissage pour les jeunes mais aussi un moyen de communication avec les trisomiques.

Voilà, ce que j'ai appris, grâce à ce musicien de métro. Une chose de plus qui mérite d'être partagée. Car comme Lucilus a dit : " Savoir n'est pas savoir, si personne d'autre ne sait ce que l'on sait ".

Au plaisir de découvrir!
Au mois prochain,
A.

Sources : www.tamboa.com, www.monteregieweb.com