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Fabuleuse
Turquie II
LOUISE
LAURIN
L'est
du pays: Fascination! Etonnement!
6e
journée: destination Van
Premier
arrêt: Ani. sur la route de la Soie. Quel charme inoubliable dégage
cette ville morte aux confins de la Turquie et de l'Arménie, dominant
les gorges de l'Arpaçay, rivière qui détermine le tracé de la frontière!
Ani
est entouré d'épais remparts, au pied desquels un village kurde
vit dans un habitat ancestral.
Nous
pénétrons par la porte du Lion et nous circulons à travers pré fleuri
et pierres. Nous avons été avertis de ne pas utiliser d'appareil
photographique, car nous pouvons observer les tours de guet de l'Arménie
actuelle.
Cette
ville majestueuse, capitale du royaume d'Arménie, fut élevée par
la dynastie des Bagratides. A l'intérieur, se dressent miraculeusement
de nobles bâtisses: églises, couvent, cathédrale à ciel ouvert,
mosquée seldjoukide, une citadelle...
C'est
en silence que l'on s'imprègne de la majesté d'Ani.
Soudain,
à un détour de route, ô merveille, apparaît le mont Ararat (Agri
dag) qui culmine 5,165 m d'altitude. Ce pic volcanique recouvert
de neiges éternelles, se découpe devant nous dans un ciel azur sans
nuage. Il est écrit dans la Genèse que Noé s'y est échoué avec son
arche, après le déluge.
Départ
pour Dogubayazit près de la frontière iranienne. Sur une route étroite,
en lacets, bordée de précipices, grâce à notre chauffeur expert,
nous atteignons le palais d'Ishak Pasa petite merveille d'architecture,
château de contes de fées, qui commande une haute vallée et les
pistes caravannières; il fut construit par le gouverneur kurde à
la fin du XVIIe siècle. Dans son écrin désolé de montagnes rocheuses,
il apparaît comme un mirage. La beauté et la finesse de l'architecture
intérieure ne dément pas son aspect féérique qu'un soleil radieux
illumine et met en valeur sa pierre rosée.
Cette
journée unique se termine par l'hébergement à Van et la découverte
d'une fabrique d'extraordinaires ki-lims, continuant la tradition
millénaire.
7e
journée: le lac de Van
Le
lac de Van fut, du IXe au VIIe siècle avant J.-C., le berceau d'une
brillante civilisation de bâtisseurs et de métallurgistes, les Ourartéens.
Le déclin du royaume est amorcé par les campagnes répétées des Assyriens
puis des Scythes et des Cimmériens. Ce sont les Mèdes qui leur porteront
le coup de grâce vers 585 av. J.-C.
La
traversée en bateau nous amène sur l'île d'Akdamar, petite île inhabitée
au milieu des flots bleus avec les montagnes du Taurus au loin.
Cadre spectaculaire qui nous révèle également, la finesse architecturale
de l'église arménienne, construite par Gagik au Xe siècle. Elle
est fameuse pour les bas-reliefs de ses murs extérieurs.
Journée
bien remplie qui nous mè-nera, après une longue route à Diyarbakir
pour la nuit. Ce qui nous permettra de nous rappeler, l`histoire
des Kurdes de la région.
8e
journée: le Nemrut dagi
Avant
de quitter Diyarbakir, dont l'origine remonte à l'âge de pierre,
ancienne capitale de la Mésopotamie supérieure, rendez-vous, pendant
des siècles, des marchands syriens, perses, babyloniens et kurdes,
nous admirons ses remparts. En gros blocs de basalte, ils résistent
au temps. Ses murailles sont censées être les plus longues du monde
après la muraille de Chine.
Le
mont Nemrut: destination grisante et inoubliable! Au 1er siècle
av J.-C. Le roi Anthiocos 1er de Commagène fit construire sur le
plus haut sommet de la région, (2200m) un colossal sanctuaire funéraire,
consacré à son propre culte et aux divinités gréco-perses, réalisant
un singulier mélange de ces traditions.
Le
tombeau est caché dans un tumulus de 50m de haut. Le sanctuaire
comprend des terrasses sur lesquelles se dressaient des statues
colossales dont la tête mesurait plus de 2 m, parmi lesquels on
reconnait les divinités Apollon, Tyché, Héraclès, Zeus et la propre
statue d'Antiochos.
La
beauté mystérieuse de ce sanctuaire, sur la liste du patrimoine
mondial, suscite émotion et admiration.
9e
journée: Harran et Urfa
En
quittant Adiyaman, vers le sud, nous devons traverser l'Euphrate.
Voitures, camions, notre autobus, tous serrés au centimètre près,
et nous-mêmes et la population locale... traversons sur un ferry
ce fleuve calme au vert profond.
Harran,
curieux village où Abraham aurait résidé pendant plusieurs années,
est aussi une cité chargée d'histoire et de prestige, occupée sans
interruption depuis plusieurs millénaires, aux confins de la Syrie.
Les maisons sont érigées sous forme de termitières. On découvre
les ruines d'une ancienne citadelle. Il reste certains vestiges
de l'ancienne enceinte, dont plusieurs portes sont bien conservées.
C'est ici que passaient de nombreuses caravanes sur la route de
la Soie. Notre imagination voyage dans l'histoire.
Nous
voyageons dans la grande plaine de Mésopotamie qui s'étend dans
des tons ocres à perte de vue et arrivons à Urfa autrefois appelée
Ur, Edesse, puis Sanliurfa. Ces différents noms rappellent que l'on
côtoie la Bible., qu'elle fut une base pour différents peuples et
voyageurs; c'est aussi une ville sainte où les Turcs viennent nombreux
en pèlerinage; elle fut nommée "courageuse" pour avoir
repoussé les troupes françaises d'occupation après la première guerre
mondiale.
La
mosquée d'Hallil Rahman a beaucoup d'élégance avec les arcades et
le déambulatoire qui entourent l'étang des carpes sacrées. Ce site
ainsi que le magnifique jardin qui l'entoure nous impressionnent.
10e
journée; Tarse et Antioche (Antakya)
Nous
ne pouvons quitter le sud-est de la Turquie sans nous rappeler que
l'Asie mineure fut la terre par excellence du christianisme naissant.
Les
Actes des Apôtres sont surtout anatoliens. Le futur saint Paul est
né à Tarsus. Il sera l'évangélisateur des Gentils. Saint-Pierre
fixe la capitale de la religion nouvelle à Antakya. Saint Jean se
rend très tôt à Ephèse.
A
Antakya, nous admirons au musée archéologique, une des plus belles
collections de mosaïques romaines au monde.
( à
suivre, vers le Centre de la Turquie)
JUILLET
2003
Fabuleuse
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