Le Souffisme et l'individualisme sprituel d'aujourd'hui... II

Le soufisme de Mevlânâ se distingue de la pensée d'Ibn Arabi

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par Damla Önol

Pour ce travail il s'agira de se concentrer sur les adeptes du soufisme mevlevi de la région métropolitaine d'Istanbul. Il est clair que la pratique, à la fois mystique et philosophique du soufisme a une envergure quasi mondiale. Il est possible de retrouver des confréries et des adeptes soufis dans le monde musulman des quatre coins du globe, certes, mais le phénomène soufi observable en Turquie, est plus précisément à Istanbul, peut demander une attention particulière, dû à l'envergure de la ville reconnut entre autre par son tourisme culturel.

Comment certaines pratiques soufis ont-elles réussit à perdurer malgré les changements politiques et sociaux qu'il y eu depuis la fin du sultanat en Turquie? Pouvons-nous dire que les soufis s'adaptent aux conditions socio-économiques importées par le processus d'occidentalisation lors de l'établissement de la Turquie Moderne? Il est désormais possible, de nos jours d'assister aux rituels religieux soufis, pouvons-nous dire que cette facette de la culture musulmane est devenue un produit commercialisé par le secteur du tourisme?

Ce travail permettra de répondre à ces questions, entre autres. Il s'agira, en première partie de définir les traits importants du soufisme de Mevlânâ, pour comprendre les principes et les pratiques. Par ces définitions, il sera possible de retracer ce qui est encore observable aujourd'hui. Dans un second temps, il faudra appréhender la politisation de l'Islam en Turquie depuis la fin du sultanat et le début de l'ère laïque introduit par Mustafa Kemal Atatürk, jusqu'à nos jours. Par cette partie, nous pourrons voir comment la place de la religion en Turquie fut souvent sujet à changement, il a parfois été question d'interdire les pratiques et lieux de culte soufi. La troisième et dernière partie sera focalisée sur le soufisme comme culture pour ses adeptes, observable par leur mode de vie distinct mais adapté au monde contemporain. Thierry Zarcone, Français d'origine et chercheur entre autre, à l'École des hautes études en sciences sociales, a effectué la majorité de ses recherches sur le soufisme et la religion en Turquie. Deux de ses travaux seront d'ailleurs utilisés pour illustrer cette étude. La Turquie moderne et l'Islam parût en 2004, Le soufisme: voie mystique de l'Islam, du même auteur parût en 2009 et Le Livre du Dedans de Rûmî, traduit du persan en 1982, par Eva de Vitray-Meyerovitch sont les titres auxquelles nous ferons référence.

Entre le XIIe et le XIIIe siècle, le monde musulman a connu deux grands noms formant la pensée soufie. Muhyi al-Din Ibn Arabi est le premier de ces penseurs, né en 1165 et mort en 1240. Le deuxième nom auquel il sera davantage question est Celaleddin-i Rûmî, connut aussi sous le nom de Mevlânâ, mort en 1273, dont la date de naissance est inconnue. Dans les deux cas, nous parlons d'une littérature dite philosophique, basée sur les versets du Coran. D'origine afghane, Mevlânâ s'installe dans la région anatolienne, au début du XIIIe siècle et ce n'est qu'après sa rencontre avec le derviche Shems-i Tebrizi que Rûmî devient un homme de plume. Le Mesnevi (ou Mathnawi en arabe) est le premier poème de sa plume: "un immense poème de vingt-six mille distiques (groupes de deux vers) 4".

Le soufisme de Mevlânâ se distingue de la pensée d'Ibn Arabi par le fait qu'il concentre sa philosophie sur un seul thème principal qui est l'amour pour un seul Dieu unique. Faisant souvent référence aux livres sacrés précédents, soit l'Ancien et le Nouveau Testament, le soufisme mevlevi se concentre sur l'union de l'être humain avec un seul Dieu, sans distinguer les religions.

A SUIVRE

4- Thierry Zarcone, Le soufisme : voie mystique de l'Islam, Éditions Gallimard, France, 2009, 127 pages.

1 - Les soufis mevlevis sont de l'école de Mevlânâ Celaleddin-i Rûmî

Déc. 2012- Jan. 2013