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Independence
day n'est qu'un film parmi tant d'autres ...
(6)
par
Damla Önol
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| Midnight
Express, ce film est encore télédiffusé aujourd'hui malgré
qu'il y soit eut des excuses publiques de la part des
États-Unis envers la Turquie dû à une surdramatisation
et la propagation d'une image barbare de la population
turque. |
Prenons
pour exemple le film Independence day, parut en 1996, réalisé
par Roland Emmerich et mettant en vedette Will Smith et Jeff
Goldblum.
Ce film
se résume par quelques points: le 2 juillet de gigantesques
soucoupes volantes planent au-dessus des grandes métropoles
du monde et les nouvelles diffusent en direct l'événement
sur les chaînes de télévision à Washington, New York et Los
Angeles. Un informaticien nommé David, doté d'une intelligence
remarquable dans son domaine, constate qu'il y a un compte
à rebours par les signaux captés de la part de ces soucoupes.
La Maison Blanche est très rapidement avertit de ce grand
problème et une évacuation des métropoles mondiales est très
vite exigée. L'Air Force entre en jeu, combattant avec exploit
les troupes extra-terrestres le 3 juillet. Finalement, le
4 juillet est le monde entier reste bouche-bé en assistant
au combat qui se livre, à la fois par la "puissance"
de la technologie informatique ainsi que la puissance militaire
du Air Force. Maintenant, analysons la symbolique derrière
les scènes de ce film: la destruction massive des grandes
villes est provoquée par un "feu tombé du ciel, qui renvoie
au sort de Sodome et Gomorrhe14", la population américaine
qui a évacué leur ville trouve refuge dans un désert, comme
les Juifs l'ont fait. Les extra-terrestres sont étrangement
comparables aux sauterelles, "forme de châtiment divin15",
et entre autre, l'informaticien s'appelle David. L'auteur
Valantin, décrit la connotation religieuse de ce film tout
d'abord en mettant l'accent sur "le peuple américain
au statut de nouveau peuple élu16" et les États-Unis
comme la nouvelle Jérusalem "où s'incarne l'espoir des
hommes17". Il est très évident d'y retrouver toute la
symbolique puritaine à l'origine de cette croyance. En effet,
ces derniers se croyaient l'incarnation du peuple élu sur
une terre qui leur était promise, à leur arrivée en Nouvelle-Angleterre.
Autre effet important de ce film, est la représentation pure
et que de bonnes volontés des États-Unis d'Amérique, qui se
dévouent à sauver les autres grandes puissances, surtout leurs
ennemis d'autrefois, la Russie et le Japon. Independence day
n'est qu'un film parmi tant d'autres, représentant ce genre
de menace, il y a eu The Fifth Element, en 1997 du réalisateur
Français Luc Besson avec une forte collaboration états-unienne,
The Day After Tomorrow, parut en 2004, illustrant toutes les
catastrophes naturelles dans la métropole de New York, et
la liste est bien longue.
On peut
parler d'une puissance cinématographique étatsunienne car
l'éventail de film est accessible à tous, aussi bien au niveau
national qu'international. La population étatsunienne, fortement
influencée par le sentiment patriotique et de l'idéologie
de l'American Dream, comme source de légitimation de leur
mode de vie, s'identifie à la projection en image permettant
le renforcement de cette émotion nationaliste, nous l'avons
vu surtout durant la Guerre Froide, la Guerre du Golfe et
depuis les attentats du 11 septembre 2001. La majorité de
ces films de guerres ont été vus par toute la nation, touchant
peut-être certaines consciences plus que d'autres, mais toute
la nation s'est faite une idée de la force de l'armée étatsunienne
contre l'URSS, le Vietnam et le Moyen-Orient, entre autre.
Ces thèmes étaient d'abord d'actualité militaire et politique,
pour finir au grand écran, comme une façon d'informer patriotiquement
la population. L'auteur Jean-Michel Valantin exprime la fonction
d'utiliser le thème de la menace dans son œuvre: "Pour
être efficace et prégnante, il est nécessaire qu'elle ait
une dimension affective, qu'elle déclenche d'authentiques
sentiments collectifs d'inquiétude, voire de peur, d'horreur
à l'idée que celui qui en est l'objet puisse souffrir, subir
le bouleversement de sa vie nationale (…)18". La fonction
de créer cette crainte commune est, en fait, de mettre en
valeur et en évidence, le sentiment patriotique surtout lié
à la sauvegarde de la sécurité nationale soit par la politique
ou le domaine militaire. Les individus se sentent donc assurés
et en sécurité, sans se poser réellement la question de la
validité de l'acte de ces institutions, car leurs valeurs
ont été légitimées. La sécurité nationale étatsunienne est
sujet à plusieurs débats, extrinsèque au pays en question,
mais Hollywood semble bien s'en tirer avec ce thème rapportant
des millions de dollars au box-office suite à chacun de leur
film.
Bibliographie
:
* Jean-Michel Valantin, Hollywood, Le Pentagone et Washington,
Les trois acteurs d'une stratégie globale, Autrement Frontières,
Corlet à Condé-Sur-Noireau (Calvados), France, 2003
* Toinet, Marie-France, 1947-1957 la mémoire du siècle, La
chasse aux Sorcières, Le Maccarthysme, Éditions Complexe,
Bruxelles, 1995
1 Jean-Michel Valantin, Hollywood, Le Pentagone et Washington,
Les trois acteurs d'une stratégie globale, Autrement Frontières,
Corlet à Condé-Sur-Noireau (Calvados), France, 2003, p.18
2 Ibid, p.17
3 Ibid, p.18-19
4 Toinet, Marie-France, 1947-1957 la mémoire du siècle, La
chasse aux Sorcières, Le Maccarthysme, Éditions Complexe,
Bruxelles, 1995, p.31-32
5 Ibid, p.19
6 Ibid, p.40
7 Ibid, p.41
8 Ibid, p.49
9 Jean-Michel Valantin, Hollywood, Le Pentagone et Washington,
Les trois acteurs d'une stratégie globale, Autrement Frontières,
Corlet à Condé-Sur-Noireau (Calvados), France, 2003, p.36
10 Ibid, p.66
11 Ibid, p.73
12 Ibid, p.74
13 Ibid, p.76
14 Ibid, p.99
15 Idem
16 Idem
17 Idem
18 Ibid, p.17
AVRIL-MAI
2012
5-
Les exploits de la CIA deviennent un succès au grand écran...
4- Francis Ford Coppola parti un an pour
les Philippines soutenu par la CIA...
3- Dans l'esprit étatsunien, la menace communiste
était dévastatrice...
2- La Maison Blanche commande des films
dans la perspective de la mobilisation psychologique du pays...
1- Le cinéma et la société... … et désigner
l'opinion publique par...
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