Vartan HEZARAN
Écrivains québécois

 

Roger Duhamel (1916-1985)

Fils unique d'Albert Duhamel et de Claire Lepire, Roger Duhamel est né le 16 avril 1916 à Hamilton (Ontario). Après ses études au Collège Sainte-Marie à Montréal où il obtient un baccalauréat ès arts en 1935, il obtient une licence en droit de l'Université de Montréal en 1938. La même année il est admis au barreau et devient le secrétaire du maire Camilien Houde de 1938 à 1940. Ensuite, pendant la majeure partie de sa vie, il se consacre au journalisme. Il écrira sous des noms de plume : Marc Aubray, Jean Barois, Candide, Chi-lo-sa, René Doussin, (Jules Francœur ?), Paul Laliberté, (Conrad Langlois?), Jean Nicolet, Jacques Morin.

Roger Duhamel, en plus d'occuper des postes de rédacteur, directeur et rédacteur en chef pour de nombreux journaux, il se lance en politique comme candidat du Bloc populaire aux élections fédérales de 1945. Il sera battu. Il décède le 12 août 1985 à Québec.

Le travail du critique

Pour qui s'y adonne avec ferveur et sincérité, le travail du critique n'est pas dépourvu de certaines joies. Il éprouve souvent le plaisir de la découverte, il a hâte de communiquer ses trouvailles à ses lecteurs. C'est la raison pour laquelle, pris par beaucoup d'autres tâches, j'ai toujours continué à exercer cette activité, à m'y livrer assidûment au hasard de mes déplacements fréquents entre nos différents journaux.

Ce qui est le plus décevant, c'est la réaction des écrivains. Ceux dont vous avez loué les livres gardent le silence à de rares exceptions près; les autres sont beaucoup plus bavards! La critique n'est donc pas un métier de tout repos et il aura toujours des écorchés vifs. Les uns souffrent d'une sensibilité excessive et méritent toute notre sympathie; les autres, plus nombreux, hélas! Sont des fats et des sots. Vous souhaitez peut-être des exemples? À quoi bon! Retenons comme principe rarement démenti qu'un écrivain médiocre déteste toujours les critiques, cependant que la réciproque n'est pas toujours exacte…

L'auteur demeure le plus mauvais juge. Il ne se prive pas néanmoins de juger sévèrement - je veux dire en clair : trépigner de rage - le malheureux critique qui a osé émettre une opinion moins enthousiaste que la sienne propre. Et d'ameuter les amis! Et de crier à l'injustice! Et de mépriser ce vil folliculaire qui s'est montré tellement impertinent! Par jalousie ou par impuissance, n'en doutez pas un instant… Je ne pourrais pas écrire les poèmes de X ou le roman de Y, mais il m'arrive que je m'en félicite…

Décembre 2008

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