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Le
mot soufi provient de suf qui signifie la laine en
arabe
(4)
par
Damla Önol
En fait,
le mot derviche fut jadis utilisé, à partir du XIe siècle
lorsqu'il était question des mystiques musulmans. Parallèlement,
le mot soufi provient de suf qui signifie la laine en arabe.
Soufi ou sufi vient donc qualifier la personne vêtue de laine,
qui est un signe d'humilité et de pauvreté (contrairement
au port de la soie ou du coton), se soumettant à l'amour de
Dieu. Dans ce sens le soufi est l'individu ayant adopté la
philosophe tirée du livre sacré des musulmans. La notion de
la " totale soumission " peut être interprétée par
le fait que ces adeptes, à l'origine, pratiquaient le jeûne
quasi en tout temps (également en dehors des périodes dites
sacrées, comme le mois du Ramadan) et étaient en retrait du
reste de la société pour des lectures du Coran, des prières
et des rituels en groupes ou individuels. De ce fait, le soufi
se distingue du reste des collectivités, entre autre parce
qu'il s'écarte du marché et du monde économique, ainsi que
de toutes les fonctions sociales, pour une dévotion complète
à Dieu. Zarcone souligne que: "certains développent même
des comportements anti-sociaux et critiques les gouvernements
injustes, c'est-à-dire peu religieux, ou participent à des
guerres d'islamisations.10" Cependant, il ne s'agit pas
d'adeptes de l'école de Mevlânâ, ceux cités par l'auteur sont
les groupes du VIIIe et du IXe siècle ap. J.-C. Il est important
de parler des premiers groupes soufis, qui sont apparus peu
de temps après la naissance de l'Islam, car ils sont ceux
qui ont développé les premières réflexions sur " l'observation
de soi " et " l'examen de la conscience11 ",
reprit et réinterprété par Rûmî d'ailleurs.
La pensée
soufie induite par les diverses écoles, s'étend de l'Afrique
jusqu'en Asie, de ce fait, il devient donc possible de distinguer
plusieurs types de rituels et de pratiques à travers les multiples
zones géographiques. Les pratiques de l'école de Rûmî seront
étudiées dans le présent paragraphe. Il faut, avant tout,
définir certaines appellations des rituels pour pouvoir démontrer
en quoi ils peuvent différer des pratiques des autres écoles.
Ces appellations ne sont, généralement, pas sujet à changement,
puisqu'elles ont comme étymologie la langue arabe ou persane.
Le zikr,
mot arabe signifiant littéralement " se souvenir "
ou " se rappeler12 ", est une pratique importante
lors des rituels de groupe. Malgré les nuances qu'il peut
y avoir dans les différents groupes soufis, les individus
peuvent être généralement assis ou debout, et procèdent à
une longue invocation répétitive. Les cérémonies du zikr peuvent
durer parfois plus de trois heures, accompagnées d'une musique
religieuse, donnant le rythme à suivre lors des invocations
et des mouvements du haut du corps, de gauche à droite. Le
cheikh est celui qui indique les prières, les vers importants
du long poème de Mevlânâ, et les mots qui se doivent d'être
répétés. Chez les mevlevis, il est parfois possible de remarquer
que lors du zikr, les adeptes peuvent perdre conscience ou
encore sentir une exaltation pouvant provenir de la répétition
à longue durée. Ce fait peut se traduire aussi par ce que
l'on appelle " entrer en transe ". Bien sûr, une
observation pour une interprétation empirique pourrait s'avérer
fort intéressant pour dénoter les détails de cette cérémonie.
Le sema
est une cérémonie qui poursuit généralement le zikr lors des
grandes réunions des adeptes de l'école mevlevie. Lors du
sema la musique prend de plus en plus d'ampleur, il est alors
possible d'assister au rituel des derviches tourneurs. La
danse des derviches tourneurs peut faire apparaître certains
aspects cosmologiques accompagnés des facettes mystiques de
la croyance. Cette danse s'interprète en fait, selon Zarcone:
" l'amour et la mort qui arrache le soufi aux contingences
du monde matériel pour l'attirer vers Dieu.13 "
10.
Ibid, p. 15.
11. Ibid, p. 16.
12. Ibid, p. 34.
13. Ibid, p. 59.
A
suivre
3- Mevlânâ entend par "mort mystique"est
la mort biologique
2 - Le soufisme de Mevlânâ se distingue
de la pensée d'Ibn Arabi
1 - Les soufis mevlevis sont de l'école
de Mevlânâ Celaleddin-i Rûmî
Mars
2013
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