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Avec
la loi vestimentaire de 1925 le port du voile n'est pas défendu
(7)
par
Damla Önol
Toutefois,
les nuances sont dérisoires. Les opinions variaient lorsqu'il
s'agissait du maintient ou de la fermeture des tekkes, certains
comme Abdullah Cevdet les qualifiait par «maisons de la paresse
dirigées par des cheikhs ignorants et vulgaires17», ou d'autres
comme Ziya Gökalp qui «développent une critique plus nuancée,
conscients du rôle positifs que ces institutions ont rempli
dans la société ottomane et de leurs récents efforts pour
se réformer.18» L'argument principal des pro-soufis était
en rapport avec la «théorie de l'unicité de l'Être19». Cette
théorie consiste à considérer une conception du monde ou le
Dieu est en tout. Dans ce sens, Dieu se trouve dans toute
matière du monde, donc réciproquement l'Être étant également
constitué de cette matière, invoque Dieu. En d'autres termes,
chaque chose de ce monde matériel, incluant l'Être, forment
une unicité avec Dieu puisqu'il peut s'incarner dans tout.
Ce raisonnement mène plusieurs penseurs turcs à considérer
la pensée soufie comme une philosophie musulmane qui se doit
d'être étudiée et approfondie, tandis que, d'un autre côté,
les islamistes radicaux ont été fortement exclu et banni.
En fait, les positivistes avaient trouvé chez les soufis une
ouverture au réformisme tout en considérant que la pensée
soufie de Rûmî ne présentait en aucun cas un danger pour les
projets de modernisation et d'occidentalisation, tandis que
chez les islamistes radicaux, il était inconcevable de se
détacher de la charia et du traditionalisme que cela engendrait.

Pendant
son processus de modernisation de la République turque, proclamée
en 1923, Mustafa Kemal procède à plusieurs réformes en ce
qui concerne les cas religieux. Une de ces réformes concerne
la «modernisation de l'Islam20» en sécularisant les écoles.
Ce recours mène donc au rejet des medrese, où se donnaient
uniquement une éducation religieuse. D'autre part, c'est en
1924 que le califat fut abolit et les membres de la famille
impériale incluant le sultan Abdülmecid, expatriés. Cette
dernière réforme a bouleversé un grand nombre de religieux
révoltés. De nombreux religieux radicaux, oulémas et soufis
ont été condamnés ou exécutés? Par contre, d'autres soufis
de l'école mevlevie approuvaient cette réforme, comme le cheikh
Abdülhalim de la Mevleviye, maître de l'ordre des soufis de
l'école de Rûmî. C'est en 1925 que le port du fez et du turban
islamique est interdit. Par contre, le port du voile n'est
pas défendu, mais considérablement critiqué. Il est donc possible
de parler d'une pression sociale à cette époque, lorsqu'il
s'agit de la religion. Les réformes de modernisation d'Atatürk
peuvent également être considérées comme un processus d'occidentalisation,
imposant à une société traditionnelle une transition qui leur
est quasi ou totalement inconnue. Les réformes continuèrent
longtemps: l'écriture arabe fut abolie puis remplacée par
l'alphabet latin, les femmes ont acquit le droit de vote en
1934, les noms de familles devint obligatoires dans cette
même année ce qui mettra fin aux titres de noblesse, et le
dimanche devînt en 1935 la journée du repos hebdomadaire.
C'est aussi durant ces années de réformes que l'intolérance
envers les pratiques religieuses étaient surtout observées.
En effet, suite à des attaques de certaines confréries soufies
(différents des mevlevi) et des groupes islamistes radicaux,
tous les tekkes furent abolis. De ce fait, n'ayant plus de
lieu de culte, les mevlevi ont dû exercer leur rituel de manière
clandestine. Pour cacher toute pratique religieuse, les soufis
pratiquaient «le zikr silencieux (la litanie)21» et devaient
passer inaperçus en s'adaptant aux tendances vestimentaires.
Suite
à la mort de Mustafa Kemal Atatürk, le 10 novembre 1938, la
politique ancrée sur la laïcité perdure encore jusqu'à aujourd'hui
grâce à sa place importante dans la constitution ainsi que
dans la conscience collective.
17.
Ibid, p. 104.
18. Idem.
19. Ibid, p. 105.
20. Ibid, p. 125.
21. Ibid, p. 145.
A
suivre
6- «Les soufis pendant des siècles, ont
résumé sous l'expression de terk-i dünya» (le renoncement
au monde)
5- La robe blanche des derviches représentant
le passage à l'au-delà
4- Le mot soufi provient de suf qui signifie
la laine en arabe
3- Mevlânâ entend par "mort mystique"est
la mort biologique
2- Le soufisme de Mevlânâ se distingue de
la pensée d'Ibn Arabi
1- Les soufis mevlevis sont de l'école de
Mevlânâ Celaleddin-i Rûmî
Octobre
2013
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