|
Adolphe-Basile Routhier (1839-1920)
Adolphe-Basile
Routhier est né le8 mai 1839 à Saint Placide sur la rive du
lac des Deux-Montagnes. Très jeune, il rêve déjà de voyages. À 11
ans il commence ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse.
Il les terminera en 1858 et il étudiera le droit à l'université
Laval. En 1861 il est admis au barreau. Candidat conservateur aux
élections de 1874, il sera défait dans la conscription de Kamouraska.
La même année, il est nommé juge à la Cour supérieure de Québec
pour le district de Saguenay. En 1876, il préside le procès qu'il
qualifiera lui-même "le plus important de toute l'histoire
canadienne" sur l'important conflit entre l'Église et l'État.
L'enquête durera 35 jours et plus de 175 témoins seront entendus.
Pas surprenant que l'Église le qualifie de raseur dogmatisant et
pompeux dans ses manuels scolaires destinés au secondaire.
Dans sa carrière
littéraire, Adolphe-Basile Routhier collabore avec plusieurs journaux
et revues, mais surtout le Nouveau Monde et le Courrier du Canada.
En 1880, à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste il composera les
paroles de l'Ô Canada qui deviendra l'hymne nationale du Canada.
En 1875 le pape
Pie IX lui donne le titre de chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le
Grand et en 1911, le roi Édouard VII le nomme chevalier de Saint-Michel
et de Saint-Georges. Désormais, il s'appelle sir Adolphe-Basile
Routhier.
En 1906, il
prend sa retraite et le 27 juin 1920, il décède à Saint-Irénée-les-Bains
en pays de Charlevoix.
LA LITTÉRATURE CANADIENNE N'ÉTAIT PAS NÉE…
C'était
hier, c'est-à-dire il y a plus de douze ans. La littérature canadienne
n'était pas née, s'il faut en croire l'abbé Casgrain qui devait
la mettre au monde. Chauveau, Taché, Crémazie avaient bien tenté
l'aventure, mais en vain. Cette diablesse de littérature ne voulait
pas voir le jour, et tout restait à créer pour la génération qui
allait éclore.
Mais l'âge
d'Or approchait.
Le gros
Fréchette voyait épanouir ses blondes années; le petit Marmette
chevauchait bruyamment sur le faîte de la maison paternelle; le
brillant chevelu Faucher de St-Maurice couvrait sa tête d'un sombrero;
le jeune Garneau ébauchait les contours de sa belle baigneuse; le
sémillant Docteur Larue prenait des leçons de boxe pour se préserver
de black eyes; il ne manquait plus que le beau David, qui faisait
alors ses dents, et qui allait bientôt commencer sa galerie nationale.
Avril 2009
Les articles
précédents du même auteur:
Binjamin Sulte (1841-1923)
Henri-Raymond Casgrain (1831-1904)
Louis-Antoine Dessaules (1819-1895)
Roger Duhamel (1916-1985)
Michelle Le Normand (1895-1964)
La Maison Des Leclerc
Félix Leclerc I (1914-1988)
|